Départ
humide. 15H30, un seul et unique nuage dans le vaste ciel du Biterrois; mais un
gros nuage – bien chargé, bien mûr et tout noir – qui choisit de se déverser joyeusement et
totalement au-dessus d'un parking de supermarché où de petits Cazoulins, ponctuels
et au complet, se sont donnés rendez-vous pour un départ imminent en Italie... Un grand moment, que votre mémoire, chers
parents, n'a naturellement pu encore effacer. C'est donc dégoulinants, les
jeans collés aux mollets et faisant « splosh, splosh » dans nos
baskets que nous prenons place dans le joli bus. La contrariété d'avoir dû laisser les sacs à dos en soute est vite oubliée. Ah ! Un voyage sans
chips et sans bonbons ! On survit en fait.
Mais
un Jurassic World plus tard, les estomacs crient famine, réclament,
trépignent, défaillent et les bons mots fusent : « Je pense que je
vais me mettre au cannibalisme ». Ça commence bien. Ou encore, pour
tromper les crampes : « Tu connais pas l'expression 'je lis dans tes
yeux comme dans un livre ouvert' ? ». Affamés mais poètes !
Le
bus file droit, avale les kilomètres et, de pause en film, gagne tranquillement
la frontière. « Ça y est, ça y est, on est en Italie ! ». Ou
encore : « Regardez Madame, l’Italie, c’est beau même si on voit
rien » !!! L'excitation est grande, le bruit aussi. La consigne
tombe, brutale et inattendue : « Dormez maintenant. Extinction des
feux ».
Vous
y croirez, ou pas, mais même dans la nuit d’un bus assoupi, de petites bouches égales
à elles-mêmes, articulent et enchaînent les « Madame, Madame ».
Talent des uns. Stupéfaction des autres. Une nature est une nature. Certes. Le corps enseignant l’intègre, mais fait
lâchement la sourde oreille… ( ! )
Et
vous allez rire : 5h55, premiers battements cils de modâme la professeur
et c’est reparti : « Eh, Madame ». Arrrrh !!!!
Sinon,
la nuit fut douce !
Première série de photos:










