Journée à Florence. La "dépose"
(jargon technique désignant à la fois les endroits rares où les bus sont
autorisés à déverser leur flot de touristes et l’action même de les déverser) se
trouve et s’effectue sans encombre (merci
l’équipe enseignante - #lançagedefleurs). S'offre alors à nous l'un des plus beaux panoramas sur la ville. Séance de shooting. Les couleurs, la lumière et même les jolies
mines de nos collégiens (car, oui, ils ont bien dormi : les boum-boum ont
cessé à minuit et les jeunes Italiens, visiblement éreintés d’avoir tout donné
sur le dance floor, se sont ensuite montrés d’une surprenante mais louable
discrétion) s’y prêtent à merveille. Notre joyeux groupe s’engouffre d’un pas
alerte dans la cité des Médicis et découvre, au détour d’une ruelle, l’harmonie
des formes, de la matière et des couleurs : « Ah ouais, quand
même ! »: la place du Duomo et son vaste ensemble architectural
sidèrent. Ouf ! Ils ne sont pas blasés. C’est noir de monde : on n'est
pas les seuls à apprécier les belles choses. On furète autour du baptistère à la recherche d’un crâne chauve aux
yeux malicieux. On le trouve, ou pas ; en tout cas on observe, on admire.
La grande tour ? A côté d’une église ? Qu’est-ce donc ? Pas évident pour tout
le monde, mais on se creuse la tête (!), on émet des hypothèses et, parfois,
on trouve ! Bravons la file d’attente et entrons dans la cathédrale (enfin…ceux qui le peuvent... ceux qui revêtent une tenue décente…). « Ben c’est tout
gris, c’est tout vide. A Naples, il y avait plein de choses dans
l’église ». Et hop, c’est gagné pour qui souhaite faire comprendre la
différence entre la sobriété du gothique tardif et l’exubérance du baroque
rococo. Chacun ses goûts et c’est tant mieux ; mais tout de même, la
coupole géante décorée de son impressionnante fresque surprend et suscite une majorité de commentaires admiratifs : « On dirait qu’ils vont nous tomber
dessus » ; ainsi que des remarques réfléchies : « Y a Dieu qui
dit qui doit aller au Paradis ou en Enfer ».
Nos estomacs – heure du
pique-nique oblige – nous mènent ensuite place Santa Croce. A la vue de la dite
place et de son église éponyme, plusieurs élèves s’interrogent et nous reprochent
de leur avoir fait une blague : « Mais madame, on a fait tout ce tour
pour revenir au même endroit ? » Grrrr. Disons que les villes
harmonieuses où règnent bon goût et unité architecturale peuvent faire naître
méprise et confusion dans les esprits les plus vifs.
Galerie des offices. Studieux
pour la plupart, le nez dans leur livret à la recherche des œuvres mentionnées,
nos loulous filent droit, parfois trop. Comment leur faire comprendre qu’il
faut déambuler tranquillement, brosser du regard, s’arrêter certes devant les
œuvres du livret – majeures nécessairement (pas question de les égarer en les
envoyant sur les traces d’obscures peintres underground du XIème siècle) – mais
que d’autres peuvent aussi retenir l’attention, susciter une émotion –
hein ? une quoi ?! On s’escrime, on y met tout notre cœur, tout notre
talent de professeur, mais pour certains rien à faire : les tableaux demeurent
des images figées d’un autre temps. Et on file droit.
Sans rancune et, par ailleurs, très
satisfaite de ses ouailles, l’équipe enseignante décide de leur offrir une
récompense. Et c’est tout contents et tout goulûment qu’ils avalent, après
avoir enjambé le Ponte Vecchio, une véritable gelata italiana.
Encore une belle journée. La
dernière. Reste à croiser les doigts pour que le bus soit au point de
rendez-vous (la "récupe", sans doute). Il n’y est pas, le fameux point n’existe pas, croiser les doigts
ne sert à rien. Alors on marche.
Ciao Florence. Ciao l’Italie.
Vous
êtes, cette année encore, des millions, à avoir suivi notre blog et à avoir
ainsi partagé virtuellement nos aventures dans la Botte ; nous vous en
remercions et espérons que ce petit périple vous a plu.
Un
grand merci également aux élèves que nous avons trouvés des plus agréables. En
dépit d’une poignée d’irréductibles têtes en l’air, de quelques caractères d’une
grande susceptibilité, de voix fortes peu enclines aux chuchotements, de la Dream
Team des « madame, madame » coupeurs de paroles professionnels, notre
groupe a fait preuve d’une belle curiosité, d'un réel enthousiasme, d’une
constante ponctualité, d’une grande attention et d’une remarquable adaptation.
Nous ne les avons pas ménagés pourtant; et c’est sans doute épuisés, parfois même
enrhumés, que vous les avez récupérés. Nous espérons que de ce voyage, ils
garderont, tout comme nous, un excellent souvenir.
Forza
Cazouls !
L’équipe
enseignante
1ère série de photos:
Vues sur la ville depuis la Piazza Michele-Angelo:
Place du Duomo:
Pique-nique devant Santa Croce:
| "Mais que fait une brosse à dents dans mon pique-nique?" |
| Filippo Lippi |
| Fra Angelico |
| Botticelli |
| Botticelli |
| Piero Della Francesca |
| Michel-Ange |
| Léonard de Vinci |
"Clapping" pour remercier Mme Dehlon d'avoir organiser ce beau voyage:
2ème série de photos: (à venir...)